Les fleurs Fairtrade - Histoire d’un producteur

Récolter le bonheur : le commerce équitable change la vie des travailleurs kényans

La société Harvest a obtenu le certificat Commerce Équitable en 2011. L’unité de production de fleurs Athi River de la société Harvest Limited est en plein essor: travailleurs plus heureux, productivité accrue, volumes de vente plus importants. La certification a non seulement permis à Harvest d’accroître sa productivité et d’augmenter ses ventes de 30 %,mais elle a également permis à ses travailleurs de mettre en place un ambitieux plan de développement visant à utiliser la prime du Commerce Équitable pour améliorer leurs moyens de subsistance.

Une exploitation de roses qui profite à l’écosystème

La société Harvest, en activité depuis 15 ans, emploie près de 700 personnes et produit plus de 35 millions de roses par an dans les serres de son unité Athi River. Alors que l’exploitation floricole est située dans une zone sèche, poussiéreuse et en proie à la sécheresse depuis plusieurs années, ses environs immédiats sont au contraire recouverts d’une végétation luxuriante composée d’arbres et de fleurs grâce à leurs gros efforts en matière de conservation.

Le comité de la prime du Commerce Équitable de la société Harvest a pris la décision d’allouer une partie de cette prime aux projets environnementaux réalisés dans leur communauté, comme par exemple la plantation d’arbres le long de la rivière Athi. La reforestation protège le sol de l’érosion, préserve le bassin hydrographique et enrichit l’écosystème local, où vivent aujourd'hui encore des populations de crocodiles et d’hippopotames. Dans leur pépinière, qui connaît un rapide développement, ils produisent des plants d’arbres indigènes qui sont offerts aux hôpitaux, aux municipalités et aux écoles des environs, ou qui sont vendus aux travailleurs eux-mêmes, à un prix subventionné, afin de montrer l’exemple aux quartiers avoisinants.

De grandes idées prennent racines à Harvest

La protection active de l’environnement n’est qu’un des piliers de la stratégie du comité de la prime du Commerce Équitable. Celui-ci met en œuvre un plan de développement sur 5 ans, particulièrement ambitieux, qui privilégie les questions de genre et la protection de l’environnement.

« Le commerce équitable a le pouvoir de transformer la vie des travailleurs et nous voulons faire passer l’utilisation de cette prime du Commerce Équitable à la vitesse supérieure », explique Samuel Atieno, président du comité.

« Si cette prime est capable de changer la vie d’un travailleur, d’une famille, ou d’une communauté en un laps de temps aussi court, ne pourrait-elle pas également changer la structure du pays ? À long terme, nous voulons avoir un impact au niveau du Kenya, voire même au niveau du continent africain ».

Leur vision puise son inspiration dans les « Objectifs du Millénaire pour le développement » (MDGs), ainsi que dans les « Objectifs pour un Développement durable » (SDGs) récemment formulés pour l’année 2015, car ces objectifs leur semblent bien adaptés à leurs problèmes spécifiques. Le comité a mis au point son plan de développement en se basant sur une évaluation et une classification précise des besoins et défis de la communauté.

Le comité a privilégié un dialogue transparent avec les travailleurs afin d’identifier les priorités clés de différents groupes (comme les mères isolées) et afin de mettre au point une méthode d’observation holistique du travailleur, de sa famille et de sa communauté. Ils ont développé un système d’évaluation qui leur permet de vérifier la faisabilité à long terme et de suivre l’amélioration réelle des moyens de subsistance.

Des résultats tangibles après à peine deux ans

L’unité de production floricole offre à ses travailleurs une série de services essentiels, comme le transport, la distribution de repas gratuits, l’accès à une eau propre, les traitements médicaux et la garde des enfants. Les normes de sécurité ont été améliorées et les salaires revalorisés, sur la base de la convention collective en vigueur dans l’entreprise. Les travailleurs estiment que l’adoption des normes du Commerce Équitable a amélioré de façon significative l’équité et la justice sociale sur leur lieu de travail. En plus de ces avantages, les travailleurs perçoivent également la prime du Commerce Équitable, qui s’élève à 10 % du montant des ventes, ce qui leur procure des fonds supplémentaires qu’ils peuvent investir comme ils l’entendent.

En dépit de l’amélioration de l’accès à l’enseignement au Kenya, il est toujours obligatoire de verser des droits de scolarité pour fréquenter l’école secondaire, un obstacle insurmontable pour de nombreux parents. Les travailleurs de Harvest ont décidé d’allouer une partie de la prime du Commerce Équitable à l’accès à l’enseignement. Ainsi, la moitié d’entre eux a déjà bénéficié de bourses individuelles pour leur permettre d’envoyer leurs enfants à l’école.

« Rien n’importe plus que de pouvoir envoyer ses enfants à l’école. Notre futur n’en sera que meilleur et mes enfants seront instruits. Cela améliorera leurs conditions de vie », explique Agnès Mulwa, une récolteuse de fleurs de 34 ans dont le fils aîné étudie à l’école secondaire. « J’espère que la situation actuelle perdurera, pour que mes deux filles puissent elles aussi étudier. Sans la prime du Commerce Équitable de l’exploitation de roses, je n’aurais aucun espoir d’envoyer mes enfants à l’école ».

Un soutien additionnel, incluant notamment un stock de serviettes hygiéniques gratuites, permet d’assurer que les filles aillent elles aussi à l’école. Auparavant, les filles restaient généralement à la maison, ou quittaient l’école, simplement parce qu’elles n’avaient pas de quoi se payer des serviettes hygiéniques. Le programme a permis non seulement de réduire l’absentéisme, mais également d’aider les jeunes filles à améliorer leurs notes aux examens, celles-ci ayant bondi de 60 %.

Le programme réalise d’autres investissements dans divers domaines :

  • Création d’un fonds d’amélioration de l’habitat qui aide les travailleurs à construire ou rénover leur maison.
  • Création de groupes d’autonomisation des femmes pour aider celles-ci à créer des entreprises collectives – notamment de petites épiceries ou des élevages de porcs, de bovins, ou de lapins –, ce qui leur procure un revenu supplémentaire.
  • Organisation de cycles de formation des travailleurs pour acquérir de nouvelles compétences, comme l’informatique ou la conduite d’un véhicule.

Les communautés et autres groupes définissent eux-mêmes leurs priorités et ont la possibilité de soumettre une demande de soutien. Ces différents projets éducatifs, sociaux ou économiques permettent d’améliorer les moyens de subsistance, mais aussi, ce qui n’est pas sans importance, l’estime de soi des travailleurs.

Prix du Commerce Équitable attribué au meilleur comité de gestion collective de la prime en Afrique

Au vu de leurs formidables résultats sur le plan de l’éducation, de l’autonomisation des femmes, de la santé et de la durabilité environnementale, le comité de la prime de la société Harvest a remporté le prix du Commerce Équitable 2014 attribué au meilleur comité de gestion collective de la prime en Afrique.

« C’est fantastique que les résultats que nous avons atteints dans un laps de temps aussi bref aient été appréciés et reconnus à un tel niveau », commente Lawrence Mwangi, trésorier du comité de la prime, qui compte 12 membres, à savoir six femmes et six hommes. « La prime du Commerce Équitable nous permet de développer une vision au-delà du simple cadre du travail et des salaires. En termes de motivation, cela donne beaucoup de courage pour poursuivre nos efforts. Nous sommes plus déterminés que jamais ».

C’est certain, les fleurs Commerce Équitable de la société Harvest font vraiment la différence. Ce sont de véritables gerbes de bonheur !

Regardez cette vidéo réalisée par Max Havelaar Suisse :

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