Pourquoi le café Fairtrade

Le café fait tellement partie intégrante de notre vie quotidienne que peu d'entre nous s'arrêteraient pour réfléchir à la culture des grains qui produisent cette boisson très populaire.

Le café est bien connu pour être un produit en dents de scie. La production mondiale de café varie d'une année à l'autre, en fonction des conditions météorologiques, des maladies et d'autres facteurs. Ainsi, le marché du café est de nature instable et caractérisé par de grandes variations du prix. Cette volatilité des prix a d'importantes conséquences sur ceux qui vivent du café, rendant difficile pour les producteurs de prévoir leurs revenus pour la saison à venir, ainsi que le budget de leur ménage et les besoins de l'exploitation.

La chaîne logistique du café est complexe car les grains vont des producteurs aux consommateurs, en passant par les fabricants, les exportateurs, les négociants, les torréfacteurs et les distributeurs au détail. La plupart des agriculteurs n'ont qu'une vague idée de la destination de leur café et du prix final de vente.

Fairtrade a été créé suite aux terribles difficultés des producteurs de café mexicains après la chute des cours mondiaux du café à la fin des années quatre-vingt. Avec Fairtrade, les organisations de producteurs de café certifiés sont certaines de recevoir le prix minimum pour le café Fairtrade afin de couvrir leurs coûts de production et de bénéficier d'un filet de sécurité lorsque les prix du marché chutent en dessous d'un niveau viable. Grâce à leurs organisations de producteurs, les agriculteurs reçoivent également la prime Fairtrade supplémentaire pour pouvoir investir dans leur entreprise ou dans des aménagements communautaires, et ils doivent utiliser au moins 25 pour cent de celle-ci pour améliorer la productivité et la qualité, en investissant par exemple dans des installations de transformation. En 2013-2014, les producteurs de café certifiés ont gagné environ 43 millions d'euros en primes qui ont été investies dans des services aux agriculteurs et des projets communautaires.

Les enjeux des producteurs de café

Le secteur mondial du café doit relever de nombreux défis au cours de la décennie à venir. Parmi ceux-ci : la crise économique mondiale qui se poursuit, les prix instables du café, la pénurie en café d'origines clés, la hausse des coûts de production, la disponibilité moindre des terres et de la main-d'œuvre, la sécurité alimentaire et la pauvreté dans les communautés vivant du café, et les impacts du changement climatique. Les chaînes logistiques du café sont souvent complexes, avec des grains qui changent de main des dizaines de fois, entre le producteur et le consommateur. Elles ont été longtemps dominées par un petit nombre d'entreprises multinationales de commerce et de torréfaction. Quatre entreprises – ECOM, Louis Dreyfys, Neumann et VOLCAFE – contrôlent environ 40 pour cent du commerce mondial du café !

Mais bien que le café soit clairement rentable pour les entreprises alimentaires, c'est une tout autre histoire pour les producteurs de café.

Ces derniers sont les plus touchés par l'instabilité notoire des prix mondiaux du café. Les prix du café Arabica ont fluctué au cours des dernières années, passant d'un prix plancher en 2001 de 45 cents ($) la livre au niveau le plus élevé de 309 cents la livre en 2011. Il y a peu, l'Arabica est revenu au tiers de ce dernier chiffre. En mars 2016, le prix était de 125 USDc/livre (le prix minimum de l'Arabica est fixé à 140 USDc/livre par Fairtrade). Cette volatilité des prix a d'importantes conséquences sur ceux qui vivent du café, rendant difficile pour les producteurs de prévoir leurs revenus pour la saison à venir, ainsi que le budget de leur ménage et les besoins de l'exploitation. Lorsque les prix sont bas, les producteurs n'ont ni la motivation, ni les ressources pour investir dans une bonne maintenance de leurs exploitations en utilisant des engrais et des pesticides, ou en remplaçant les vieux arbres. Lorsque les prix chutent en dessous des coûts de production, les producteurs ont du mal à nourrir leur famille, et à payer les frais médicaux et ceux de scolarité.

Cultiver le café est devenu plus compliqué avec les impacts du changement climatique qui a perturbé les grandes tendances climatiques et les températures dans les pays producteurs, augmentant ainsi les risques encourus par les agriculteurs qui dépendent des ventes de café.

Fairtrade garantit :

  • Un prix minimum : les producteurs doivent respecter des normes de durabilité sociales, écologiques et économiques. En contrepartie, un prix minimum est garanti à la coopération. Ce prix minimum permet aux producteurs d’investir dans la production durable, par exemple dans la fertilité des sols. (Vous trouverez plus d’infos sur le prix minimum Fairtrade dans la section Q&A). En 2015, le prix de la plupart des cafés sur le marché mondial était inférieur au prix minimum Fairtrade, qui s’avère donc d’une importance capitale pour les producteurs de café.
  • Une prime Fairtrade pour investir dans des projets au service de la communauté : 20 USDc/livre ou 0,44 USD/kg de café vert
  • Des normes sociales, environnementales et économiques : les normes du négociant améliorent la position de négociation des producteurs. De plus, Fairtrade facilite le « préfinancement » de la production, afin que les producteurs puissent investir au préalable dans leur processus de production.


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