Défis de la filière

La culture et le marché de la banane cristallisent de nombreux défis mondiaux, que ce soit au niveau de la production et des enjeux écologiques, de l’économie et des relations de forces ou du social et du développement humain.

La production et les enjeux environnementaux

La culture de la banane est une monoculture intensive et très fragile. Vu la rapidité de propagation des maladies et la recherche permanente de hauts rendements, les grandes plantations appliquent des quantités de plus en plus importantes de pesticides et fertilisants (par voie aérienne), ce qui entraine des dégradations environnementales et des risques accrus sur la santé des travailleurs.

La pression sur les prix

Contrairement au café ou au cacao, il n’y a pas pour la banane un prix de référence sur le marché international. Cela s’explique notamment par la segmentation du marché qui résulte principalement des différents coûts de transport et des politiques d'importation en vigueur dans les pays consommateurs. Le prix est donc fixé par l’offre et la demande et est influencé par d’autres facteurs : la fixation d’un prix minimum dans certain pays, le pouvoir de négociation des multinationales, les stratégies commerciales des grands distributeurs,... La culture de la banane étant très demandeuse en main d’œuvre, la pression sur les prix du marché va avoir un effet direct sur les conditions de salaire et de payement des producteurs et travailleurs.

Les conditions sociales et le développement humain

Comme cela a été dénoncé par différents acteurs, reportages (www.bananasthemovie.com) et plusieurs campagnes, les droits, la sécurité et la santé des travailleurs ont été régulièrement violés dans les grandes plantations de multinationales en Amérique latine. Ces dernières années, un terrain d’entente semble progressivement avoir été trouvé entre les confédérations syndicales et multinationales, grâce notamment à l’avènement de l’idée de production durable, mais un long chemin reste encore à parcourir...

Les solutions de Fairtrade :

Pour les petits producteurs

  • Organisation en coopératives
    Pour entrer en ligne de compte, les producteurs doivent se réunir en coopératives. Ils en acquièrent plus de force sur le marché et bénéficient d’économies d’échelle.
  • La garantie de techniques de production adaptées
    Grâce à la concentration sur l’agriculture à petite échelle, nous pouvons garantir la mise en place de modes de production respectueux de la nature et propices à la biodiversité.
  • L’assurance d’un prix minimum
    Ce prix minimum est différent d’un pays à l’autre. Il couvre au moins les coûts de production.
  • Le préfinancement possible jusqu’à 60% du prix d’achat
    Concrètement, cela signifie que la coopérative peut payer ses membres directement, à la livraison des bananes et ne doit pas attendre d’être payée par l’exportateur/importateur.
  • La stimulation de relations commerciales équitables
    • par des techniques de négociation équitables ;
    • par de bons contrats ;
    • en luttant contre la spéculation.
  • Une prime pour la coopérative
    L’organisation de producteurs reçoit 1$ dollar par caisse de bananes, soit 4.2 centimes d’euro par kilo.


Pour les organisations de producteurs & travailleurs des plantations:

  • Un système décisionnel démocratique accordant les mêmes droits à tous les membres.
  • Des pratiques agricoles responsables via de stricts critères environnementaux.
  • L’interdiction de l’esclavage et du travail des enfants


Pour les travailleurs des plantations:

  • Un comité de travailleurs (‘Joint Body’) comme organe de représentation.
    Les travailleurs de la plantation délèguent des représentants qui seront chargés de conformer le comité conjointement avec la direction de la plantation.
  • Des règles strictes pour l'emploi
    Les normes du commerce équitable imposent des règles strictes concernant le bien-être des travailleurs.
  • Une prime pour les travailleurs
    Comme pour les organisations de petits producteurs, les travailleurs des plantations ont droit à une prime de 1$ par caisse de 18,14kg vendue.


Pourquoi le Fairtrade travaille-t-il avec les plantations et pas seulement des petits producteurs?

La production de bananes est cruciale pour beaucoup de pays en voie de développement. Considérant que 90% du marché mondial de bananes provient des plantations et que les travailleurs sur celles-ci sont parmi les plus vulnérables du système commercial globalisé, le Fairtrade se devait de prendre en compte cette réalité. Il vise donc à subvenir aux manquements du système commercial global autant pour les petits producteurs de bananes que pour les travailleurs sur les plantations. Les standards Fairtrade protègent les droits de base des travailleurs selon les conventions internationales de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

Partager